expose contemporaine
Posté le 05.01.2007 par ingride bernard groupe 3
L’avènement des loisirs populaires : les congés payés
Introduction :
Face aux crises de juin 1936, grèves avec occupations d’usines, Léon Blum réunit à l’hôtel Matignon, le 7 juin, les représentants du patronat et ceux de la CGT, syndicat de gauche. La négociation aboutit aux accords Matignon, célébrés à l’époque comme une véritable charte de travail. Les accords prévoient entre autre : une hausse des salaires de 7 à 15%, la naissance de la liberté d’actions syndicales et la pratique des conventions collectives. La durée du temps de travail est abaissée à 40h au lieu de 48h par semaine.
Après le 20 juin, une loi est votée, celle des deux semaines de congés payés annuels. Le droit aux loisirs, jusque là, réservé aux élites, s’offre désormais aux ouvriers. Un développement important des loisirs se produit, on les appellera « les loisirs populaires ».
I° Les mesures pour un meilleur accès aux loisirs
A/par le gouvernement
Grâce aux congés payés, les travailleurs vont pouvoir disposer de leur temps libre comme ils l’entendent, se cultiver ou aller au grand air. Cependant, les voyages et les loisirs restent inaccessibles pour la majorité. Le train, unique moyen de transport à l’époque, reste trop cher. Les voitures individuelles sont réservées à l’élite. La plupart des travailleurs n’ont jamais eu l’occasion de voyager pour leur plaisir en France.
Le cabinet de Léon Blum crée un sous secrétariat d’Etat des sports et loisirs dont le titulaire est Léo Lagrange. Celui-ci crée, en 1936, des « billets populaires de congé annuel ». Les ouvriers peuvent donc bénéficier dès l’été 36, de billets de chemin de fer bénéficiant de 40% de réduction. Pour bénéficier de ces billets, il fallait présenter un carnet attestant la titularisation d’un congé payé, et l’ouvrier pouvait partir seul ou avec sa famille, la femme et les enfants mineurs bénéficiant de cette même réduction.
Le gouvernement aida également, en autre, les stations de ski en proposant des réductions avec des chalets populaires et des réductions sur le séjour.
Cependant, certaines dates telles que les fêtes ( 14 juillet et 15 août ) et les retour de vacances traditionnels de fin juillet et fin août furent interdits à ce type de voyageurs, en raison des difficultés déjà existantes dues au voyageurs habituels.
Dès l’été 1936, plus de 600 000 voyageurs bénéficièrent de ces billets et plus d’un million en 1937.
B/ Les associations
Depuis 1930, de nombreuses associations à l’imitation des auberges allemandes sont crées. En 1936, le nombre augmente considérablement, grâce à l’organisation des vacances ouvrières, qui va permettre aux jeunes travailleurs peu fortunés de séjourner sans trop de frais tout en prenant l’habitude de la vie collective.
Les auberges de jeunesse, sous l’impulsion de Marc Sangnier, fondateur de la « Ligue française pour les auberges de la jeunesse » se développent . A partir de juin 1933, une scission intervient et est crée le « centre laïque des auberges de la jeunesse », crée par un groupe d’association comprenant le Syndicat national des instituteurs, la Fédération générale de l’enseignement, la Ligue française de l’enseignement, la Fédération nationale des municipalités socialistes, la CGT. En novembre 1934, un nouveau mouvement est lancé, le « Comité des auberges du nouveau monde » présidé par Jean Giono.
Déjà existantes, les auberges ont pris un grand essor en 1936. De juin à décembre, leur nombre est passé de 250 à 400.
Elles bénéficient de subventions et se voient attribué une mission de service public : les Auberges de jeunesse et le comité confédéral d’éducation ouvrière de la CGT sont associé au comité interministériel de 1936.
Dans les entreprises, de nombreux syndicats sont nés, par exemple, le syndicat des plombiers couvreurs, ayant déjà sa caisse de solidarité, a crée sa colonie de vacances enfantine ainsi que des comités de loisirs.
En juillet 1936, une association de tourisme populaire s’est crée sous le nom « les vacances pour tous » : des camps et colonies de vacances pour enfants, terrains de camping, hôtels coopératifs seront crées.
De même que le gouvernement donne son appui à l’association des « Faucons rouges », véritable scoutisme à l’usage des jeunes socialistes.
Des encouragements sont apportés à tous les créateurs ouvrant au peuple les voies de la culture.
Dans l’hebdomadaire Vendredi Jacques Soustelle, membre du comité de vigilance des intellectuels antifascistes, définit cette politique : « Ouvrons les portes de la culture,brisons la muraille qui entourait, comme un beau parc interdit aux pauvres gens, une culture réservée à une élite de privilégiés ! ».
II° La naissance d’une culture populaire
A/ L’euphorie de l’été 1936
Grâce au temps libre accordé aux ouvriers, ceux-ci découvrent les joies de la grasse matinée, du temps pour soir, du repos tout simplement. Ils s’intéressent désormais à la culture, ce qui deviendra une marque de cet esprit du Front populaire : le fait que les ouvriers partent en vacances, leur donne le sentiment d’avoir enfin une place dans la société, et ne se sentent plus comme un simple outil de production, développant leur corps et leur esprit, un climat d’optimisme emporte le pays.
Le tourisme ouvrier décolle dès l’été 1936. On parle même d’ « euphorie de l’été 36 ». Outre les nombreux départs utilisant les chemins de fer, on n’oublie pas le mystique tandem des congés payés.
Les ouvriers envahissent les plages ou bien retournent dans leur région d’origine, peuvent désormais aller voir la famille. C’est l’apparition du tourisme de masse.
B/ Le développement culturel
Les loisirs sont quelques heures consacrées à l’information, au sport, au spectacle, au café. Les lois de 36 créent véritablement les loisirs populaires.
Des groupes « populaires » s’intéressant au théâtre, au cinéma, à la radio, se forment, sous l’égide de partis politiques, comme « Mai 36 », groupement populaire d’art et de culture » rattaché au parti socialiste.
a)le théâtre et les spectacles
Romain Rolland reprend sa pièce, le Quatorze juillet crée pour la
première fois en 1902 sans grand succès. Les chroniqueurs de Vendredi et de La lumière célébrèrent cet évènement, l’avènement du « théâtre populaire », la réconciliation du peuple et du théâtre. Cette représentation qui dura une semaine, fut un miracle. Les habitués du théâtre étaient là mais aussi étaient présents les intellectuels du Front populaire et les syndiqués, autrement dit les salariés pauvres. A la fin du spectacle, acteurs, spectateurs et figurants chantèrent en même temps La Marseillaise et l’Internationale.
Le peuple avait accès à la musique grâce aux music-halls et cabarets.
b)L’information
La presse écrite restait le principal moyen d’information et tirait à plus de 10 000 000 d’exemplaires. En moyenne, les ouvriers achetaient un journal matin et soir. La presse parisienne, dont le tirage dépassait de peu celui de la provinciale était diffusé partout, surtout le journal Paris-Soir.
Les journaux parisiens de droite l’emportaient de beaucoup, car la grande presse dite d’information, était depuis février 1934, de plus en plus engagée contre la gauche. En provinces, radicaux et socialistes étaient beaucoup mieux représentés. Les tirages de la presse économique étaient faibles en raison de leur basse qualité.
Les idéologies extrêmes étaient les mieux vendues : pour l’extrême droit, la meilleure vente était pour le Gringoire tiré à 650 000 et pour la gauche, le journal communiste l’humanité ou Le Petit Journal , celui-ci socialiste.
La presse diffusait une information nocive, les journaux de droite à grand tirage étaient caractérisés par une violence jusqu’à la provocation à l’assassinat. Une loi de janvier 1936 interdit l’appel au meurtre, mais le gouvernement de Front populaire échoua dans sa tentative de moraliser les journaux.
En revanche le niveau intellectuel et culturel des journaux s’est élevé grâce à la qualité de grands reporters tels que : Albert Londres ou Jacques Viot et de grands écrivains tels que Saint-Exupéry.
La presse photographiées naquit pendant cette période : Vu sera le premier grand journal illustré.
La « presse du cœur » apparut vraiment avec Marie-Claire de Marcelle Auclair et Pierre Bost en 1937.
La presse enfantine évolua, celle de 1914 disparut supplanté par celle de 1939, Le journal de Mickey.
Les nouveaux moyens d’information ne concurrençaient pas encore les journaux. Pour la radio, on passe de 500 000 récepteurs en 1930 à 5 500 000 en 1939. C’est en 1936 qu’elle joua un grand rôle dans une campagne électorale, en donnant la parole à tous les partis.
c)le cinéma
C’est un art populaire que les ouvriers peuvent s’offrir. Les masses s’y précipitent chaque fin de semaine. L’apparition du son augmente le coût de fabrication des films et la France est bientôt envahie de films étrangers allemands ou soviétiques.
Il a plusieurs publics, le dit populaire qui va au cinéma de son quartier sans trop se soucier du programme et le plus bourgeois, plus attiré par des films d’auteurs.
Dès 1935-1936, les grands metteurs en scène français et étrangers imposent un cinéma de qualité à tous les publics, ce qui a contribué à apporter une culture de qualité au peuple.
Les deux plus grands cinéastes de ce temps, Vigo et Renoir, dont le second nous a laissé une trace de la société des congés-payés La Vie est à nous.
d)le sport
Le sport est important à cette époque. Entre autres, les deux grandes passions populaires sont le football et le cyclisme. Les femmes s’effacent du sport-spectacle, le tennis reste mondain et donc réservé aux plus riches.
Les hommes de tout âge vont sur un terrain vague pour taper le ballon, de même pour les écoles et collèges où les enfants laissent les cordes à sauter pour le ballon ou la balle. Avant la guerre, le sport était discriminatoire. C‘est une véritable rupture des mentalités. A part le polo et le golf, pourtant ouvrier en Ecosse, il est difficile de relever après 1930 des sports dont les classes populaires soient exclues. Le tennis, cependant, reste élitiste, dû à sa pratique coûteuse.
Cependant, le sport, désormais accessible à tous, apparaît comme un moyen d’ascension sociale. En effet, le football, le rugby, le cyclisme permettent à de jeunes ouvriers d’échapper à la production. Le Football, l’hiver et le cyclisme l’été, étaient de grandes passions populaires, avec le championnat et la coupe de France et le Tour de France. C’est une véritable démocratisation du sport qui se fait dès 1936. Le sport de masse apporte quelques médailles d’or à la France, aux jeux olympiques de 1936 à berlin.
III° La réaction de la droite
A/ En politique
Les réactions de la droite furent violentes envers les mesures créatrices de temps libre pour les ouvriers. Elle a rendu responsable les lois sociales « créatrices de besoins et primes à la paresse ». Tout comme elle a réagit à la création du poste de Léo Lagrange de sous secrétaire d’Etat au sport et à l’organisation des loisirs en le qualifiant de « ministère de la paresse ».
Elle accusa même Léon Blum d’avoir détourné du travail les ouvriers français.
Pour elle, les ouvriers ne doivent pas bénéficier de ce temps libre, mais plutôt participer à la production et la relance de la croissance, dans cette période de crise économique des années 30. Elle accuse le gouvernement de « céder » à la pression des grèves du mois de juin.
La presse d’extrême-droite, très présente, a même harcelé le ministre de l’intérieur, Roger Salengro, en l’accusant d’avoir trahi la France durant la guerre de 14-18, ce qui l’a contraint à se donner la mort. Plus tard, ils s’attaqueront à Léon Blum, lui-même.
Personne à droite n’a cherché à comprendre les possibilités de régénération que des réformes sociales pouvaient apporter à un régime en crise.
B/ Les bourgeois
Le tourisme populaire a permis la rencontre entre deux mondes : les ouvriers et les « habitués », les bourgeois. Ces derniers voient d’un mauvais œil l’arrivée des « prolétaires » sur leurs lieux de vacances, ils refusent la présence des « salopards en casquettes » avec leurs mauvaises manières. Ils préfèrent rester entre gens de bonne compagnie. Les ouvriers polluent avec leur parfum bon marché. Ils envahissent les plages sans scrupules, se croient chez eux, ne méritent pas ce repos. Ils ne sont pas à leur place, leur place est à l’usine, au travail, à produire pour faire vivre le pays, telle est leur destinée.
Conclusion :
Outre un temps de repos pour les ouvriers, les congés payés ainsi que les nombreuses mesures et réductions, leur ont permis, un meilleurs accès à la culture. De plus, ces lois sociales ont développé un sentiment d’appartenance à la société autre que celui d’outil de production, on parlera de désaliénation de la classe ouvrière.
L’avènement des loisirs populaires ne sera pas étranger à la vague de culture de masse qui viendra plus tard, sans doute aidée par l’adoption de la 5ème semaine de congés payés en 1981 par Pierre Mauroy.
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Posté le 19.12.2006 par laura et claire
LES INSTITUTEURS DE LA III EME REPUBLIQUE
Plan :
I/ Les lois scolaires concernant l’enseignement primaire
a/ Les lois en vigueur au début de la III ème République
1-1- La loi Guizot, 28juin 1833
2-La loi Falloux, 15 mars 1850
b/ Les lois Ferry
1-Laïcité
2-Gratuité
3-Obligation
II/ L’instituteur
a/ Origine sociale et choix du métier
b/ Orientation politique et religieuse
1-Religion
2-Politique
3-Franc-maçonnerie et syndicat
c/ La place de l’instituteur dans la communauté
III/ Le métier d’instituteur
a/ La formation des instituteurs
1-L’Ecole normale, la « grande porte »
2-La « petite porte »
b/ La mission du maître
c/ La carrière d’instituteur
Introduction
L'instituteur primaire, ou maître d'école est chargé de l'enseignement aux enfants de 6 à 13 ans sur tous le téritoire national. Sous la IIIéme réoublique l'école connait de nombreuses évolutions grace notament aux lois Ferry. Quelles sont les lois scolaires régissant l'école primaire? Qui est l'instituteur? Et qu'est-ce qu'être instituteur sous la IIIéme République?
I/ Les lois scolaires concernant l’enseignement primaire
a/ Les lois en vigueur au début de la III ème République
3-La loi Guizot, 28juin 1833
La loi Guizot sur l’enseignement primaire public promulguée le 28 juin 1833 constitue la première charte complète et détaillée de l’école en France. François Guizot juge que l’amélioration et l’extension de l’enseignement participeraient à « propager les Lumières », à améliorer les techniques de travail et ainsi à moraliser la population tout en réduisant sa misère, donc à limiter ses élans subversifs.
La loi Guizot statue sur le fonctionnement des écoles primaires, le contenu des enseignements et instaure un niveau d’enseignement primaire supérieur. Elle oblige chaque commune de plus de 500 habitants à entretenir une école de garçons et à rétribuer les instituteurs selon une grille uniformisée. L’enseignement tend à s’uniformiser, sous l’impulsion d’un État qui se soucie désormais de la formation des instituteurs (écoles normales, inspecteurs), et publie des manuels scolaires.
Cependant, son application est lente et ses résultats inégaux selon les régions. Malgré un gonflement remarquable des effectifs scolarisés et le recul de l’analphabétisme, des inégalités géographiques et sociales demeurent devant l’instruction.
4-Les lois Falloux, 15 mars 1850
Loi promulguée le 15 mars 1850, sous la IIe République, et donnant une part prépondérante à l'Église catholique dans le système éducatif français. La loi Falloux — du nom de son initiateur, un comte monarchiste et ultramontain élu en avril 1848 à la Chambre des députés — fixa durablement, pour partie jusqu'à nos jours, certaines règles du système scolaire primaire et secondaire français.
Cette loi fixait donc, d'une part, les règles régissant les rapports entre l'école publique telle qu'avait commencé à la mettre en place la loi Guizot de 1833 et l'école privée ; d'autre part, elle donnait à l'Église catholique un pouvoir considérable sur l'ensemble du système scolaire en affirmant le primat de l'éducation religieuse sur les autres matières et la prépondérance morale du curé sur l'enseignement dispensé par l'instituteur.
Cette loi marquait l'importance croissante que prenait, dans le débat politique, la question scolaire.
b/ Les lois Ferry
Apres les lois Guizot et Falloux, les lois Ferry adoptées à l’initiative du dirigeant républicain Jules Ferry de 1879 à 1882 marquent un tournant décisif dans l’histoire de l’enseignement en France. Elles s’inscrivent dans la lutte anticléricale menée par des hommes imprégnés par l’esprit des Lumières et par le positivisme : en enlevant à l’Église le quasi-monopole de l’éducation de la jeunesse française, Ferry espère réduire l’influence politique du catholicisme. Il veut enraciner la République en formant une génération ouverte au rationalisme scientifique, tout en favorisant une relative promotion sociale, contre l’inégalité des revenus qui prévaut alors. Ces lois consolidèrent le mouvement d’alphabétisation et d’instruction en France. Les successeurs de Jules Ferry ont poursuivi son œuvre : en 1886 est votée la loi laïcisant le personnel enseignant dans le primaire.
1-Laïcité
La loi du 28 mars 1882 supprime l’instruction religieuse des programmes, elle est remplacée par l’instruction morale et civique. La religion ne peut être enseignée qu’en dehors des heures de classes et hors des locaux scolaires. La laïcité, cependant, ne se limite pas aux programmes scolaires. Elle gagne d’abord les locaux. La question du crucifix dans les écoles reçoit une solution pragmatique : une circulaire du 2 novembre 1882 demande de ne pas mettre d’emblème religieux dans les locaux neuf ou rénovés et dans les autres cas de suivre le vœu des populations. Elle gagne ensuite les maîtres : la loi du 30 octobre 1886 oblige le gouvernement à remplacé tous les instituteurs publics congréganistes par des laïques dans un délais de cinq ans et les institutrices au fur et à mesure des vacances de postes.
2-Gratuité
L’essentiel de l’œuvre Républicaine est de constituer l’enseignement primaire en service public. C’est là le sens de la gratuité totale, établie par une loi du 16 juin 1881. L’argument le plus fort en faveur de la gratuité totale est le refus de distinctions introduites entre les enfants par la gratuité partielle. C’est argument est incontestable, contrairement à celui de l’efficacité de la gratuité sur la fréquentation scolaire. Les Républicains affirment un droit des enfants à l’instruction qui serait un devoir pour l’Etat.
3-Obligation
La gratuité est la condition préalable pour imposer l’obligation scolaire. La loi du 28 mars 1882 stipule qu’un père de famille soit envoyer ses enfants à l’école entre 6 et 13 ans, sauf s’ils obtiennent avant cet age leur certificat d’étude. Mais celle-ci n'est pas forcément respecté en effet lors des gros travaux agricols par exemple, l'enfant peut-être solicité à la ferme.
II/ L’instituteur
a/ Origine sociale et choix du métier
Les premiers recrutements se font dans une France profondément rurale, en effet en 1880 sept français sur dix vivent à la campagne. A la fin du XIXème siècle nombre d’instituteurs sont fin de petits paysans, de manœuvriers, de familles touchées par la faillite. D’autres encore sont fils de petits fonctionnaires : postiers, gardes champêtres, cantonnier, …
La famille se porte vers l’école normale car son accès est gratuit et que la profession est très prestigieuse. En effet elle permet une vie meilleure, n’a pas de contrainte physique, les revenus sont surs et il y les congés payés. Se métier permet donc une promotion sociale, culturelle et financière. A titre d’exemple le revenu d’un ouvrier agricole est de 400 Fr annuel alors qu’un instituteur en début de carrière en gagne 800.
Au lendemain de la grande guerre 65% des instituteurs sont des femmes, les hommes préférant aller vers d’autres emplois du secteur tertiaire plus rémunérés en étudiant dans l’enseignement secondaire. Les normaliennes viennent majoritairement de milieux plus aisés : employés, commerçants, petits fonctionnaires. Cela apparaît comme un débouché naturel pour ses milieux plus aisés car souhaiter qu’une fille poursuive des études jusqu’à dix-huit ans révèle un esprit assez moderne.
En 1920 à l’école normale de St-Lô la moitié des normaliens sont fils d’ouvriers ou d’employés. En effet nombre d’enfants de paysans sont morts lors de la guerre et il faut que les survivants reprennent l’exploitation et les fils d’instituteurs veulent des carrières mieux rémunérées.
La majorité des futurs instituteurs vient de familles Républicaines animées par l’amour de l’instruction.
b/ Orientation politique et religieuse
1-La religion
Les instituteurs restent en majorité des catholiques, et ceux qui ne l’étaient pas pratiquent quand même pour ne pas réveillé la colère de leur proche, notamment pour le mariage. Mais ils refusaient la tutelle revendiquée par le clergé, les dogmes obscurs et l’idée même du miracle. La religion officielle leur apparaît comme une intolérable superstition. Ils pratiquent une laïcité tolérante, ils sont neutres pour ainsi dire. Mais avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat la laïcité devient la condition première de la démocratie pour les instituteurs et même, pour certain, un impératif de justice social. Ils défendent l’anticléricalisme. Les inspecteurs organisent des conférences pédagogiques le vendredi avec des repas gras afin de repérer les instituteurs pratiquants. Un groupe d’institutrices se forme pour protester : il ne faut pas confondre laïcité et athéisme. Celles-ci sont frappées par de lourdes sanctions administratives.
2-La politique
Ils ont un certain idéal de la République : laïque, libérale, réformiste, attachée à la justice et à la défense des libertés individuelles, favorisant la promotion sociale, … Cet idéal est incarné par Jules Ferry et les opportunistes au début du XX ème siècle, puis par les Radicaux.
Mais seule une minorité s’engage contre la guerre au début du siècle. En effet le gouvernement voit d’un mauvais oeil que les instituteurs s’engagent politiquement. Ils peuvent être sanctionné par des blâmes, de peine de censure, des perquisitions, ou des déplacements d’office. Il est donc logique qu’ils aient une réticence vis-à-vis des actions militantes, ils évitent même de lire le journal « L’humanité », estimé trop à gauche.
Les instituteurs sont des sympathisants de gauches mais ne sont pas forcément contre la colonisation et la répression violente des grèves. Ils pensent qu’en apportant l’instruction à tous les injustices se gommeront d’elles-mêmes. L’instituteur soutient le fait que la France est le pays des droits de l’homme.
3- Franc-maçonnerie et syndicats
Franc-maçonnerie est présentée tantôt comme une arme de guerre contre la religion et tantôt comme une religion substitutive. Même s’il n’y a aucun moyen d’évaluer le nombre des instituteurs Franc-maçon, au moins peut-on observer qu’en 1898 vingt-et-un directeurs d’école ou instituteurs étaient délégués par leur loge à l’assemblée. Dans le Nord, en 1887, 39 instituteurs sur 753 sont affiliés à la Franc-maçonnerie.
Mais la maçonnerie n’a pas été l’élément unificateur du corps des instituteurs, l’appartenance reste périphérique. Ce qu’ils ont de socialiste les empêche de croire au rôle des sociétés occultes dans l’histoire. Quand ils décideront de se grouper se sera donc plutôt, comme dans l’action syndicale, au grand jour.
Les amicales réussissent, en 1907 elles regroupent 85 000 adhérents. Mais avec le succès vient l’embourgeoisement : leurs activités se limitent à des banquets ou des discours. Et elles sont entre les mains des gros bonnets de l’enseignement. On leur reproche leur timidité sociale voir leur compromission. Un courant syndicaliste-révolutionnaire se développe donc au sein du monde primaire. Les instituteurs créent des syndicats qui adhèrent à la Bourse du travail. Les instituteurs à la GCT c’était la subversion au cœur même de l’Etat, même s’ils refusaient l’idée de la grève générale. Mais une jurisprudence refusait au fonctionnaire le bénéfice de la loi de 1884 : un syndicat d’instituteurs était illégal. De 1905 à 1914 la fédération des syndicats poursuit son combat malgré les sanctions qui frappent ses responsables.
L’entre deux guerres ne marque pas une coupure du point de vu des idées, mais le statut juridique des syndicats est modifié : le droit de se syndiquer est reconnu aux fonctionnaires le 25 septembre 1924. C’est l’apogée de la cohésion du corps des instituteurs.
c/ La place de l’instituteur dans la communauté
Tout au long de la IIIème République l’instituteur reste un nouveau personnage qui peine à se fondre dans la société locale. Comme le curé, il reste un personnage à part, à cotés des hiérarchie. Eloigné des notables ou des gros propriétaires par son origine modeste et la faiblesse de ses revenus et des paysans et des ouvriers par sa démarche intellectuel et son métier. La considération et le respect et le respect dont les instituteurs jouissent sont ambigus. Ils doivent sans cesse justifier qu’ils accomplissent un réel travail. Le maître est socialement isolé, d’autant plus que ses collègues sont géographiquement éloignés alors que leur fréquentation est souvent l’unique occasion d’entretenir des liens d’amitié. En ville, l’instituteur se fond dans la foule, il peut garder secrète sa vie privée et ses opinions.
La condition des institutrices est encore pire, particulièrement jusqu’au début du XXème siècle en milieu rural. En dehors de la classe l’isolement moral est total, elles sont étrangères partout malgré la bienveillance distante des familles de leurs élèves. Les instituteurs sont eux-mêmes loin de faire preuve de solidarité à leur égard : ils la considèrent comme une rivale, une prétentieuse, une usurpatrice. A l’opposé de l’instituteur, elle n’occupe pas de position d’influence dans la commune. Elle n’a pas le droit de vote, comme toutes les Françaises. Elles sont considérées comme influencée par le clergé par les instituteurs et comme des créatures du diable sans foi ni loi par celui-ci. Leur condition de travailleuses intellectuelles va peu à peu s’améliorer mais leur situation de femme va demeurer difficile surtout si elles sont jeunes, célibataires et étrangères au village. Les mauvaises langues les accusent de négocier leurs charmes en échangent des rapports favorables et d’avancement. Or nombre d’institutrice font état des « odieuses propositions » du maire, de l’inspecteur, d’un notable et de mutations arbitraires en cas de refus. Jusqu’à la fin du XIX ème siècle la plupart d’entre elles sont vouées au célibat.
III/ Le métier d’instituteur
a/ La formation des instituteurs
1-L’Ecole normale, la « grande porte »
La condition essentielle pour devenir instituteur est de remarquablement bien étudier. Le concours d’entrée à l’école normale est extrêmement difficile. Les futurs instituteurs et institutrices sont donc les meilleurs élèves de la commune et au certificat ils sont reçus les premiers du canton. Les écoles normales recrutent leurs élèves par un concours dont le niveau est celui du brevet élémentaire et qui se passe sur les mêmes épreuves pour tous à partir de 1916.
Si il existe une Ecoles normales de garçons dans chaque département depuis la loi Guizot de 1833, les Ecoles normales de filles dont la première a été ouverte en 1838 ne sont que 17 en 1876. La loi du 9 août 1879 impose alors à chaque département l’obligation d’entretenir une école normale de filles. On en compte alors 85 en 1895.
Elles dispensent en trois ans une formation à la fois généraliste et professionnelle. Les matières dispensées sont la pédagogie, la littérature, la grammaire, l’algèbre, la géométrie, les sciences, l’histoire et la géographie, la morale et l’instruction civique, le dessin linéaire, la physique appliqué, la botanique, l’économie domestique et les travaux manuels puis en 1920 la sociologie.
L’état finance le les trois années d’étude et de pension des normaliens, s’ils échouent les « élèves » doivent rembourser leur formation. L’école normale pourrait être comparée à un couvent, l’internat et obligatoire =, on limite les contactes avec la famille, la discipline et stricte jusqu'à la première guerre mondiale le port de l’uniforme est imposée, celui des jeunes femmes ressemble beaucoup aux habit de religieuse. La vie à l’école est austère malgré un assouplissement au cour des décennies, il n’y a pas de chauffage dans le dortoir, la nourriture et frugale ; Le surmenage mette parfois la santé des élèves en péril.
2-La « petite porte »
En réalité il y a deux manières de devenir instituteur et cela pour répondre aux besoins accidentels. On recourait alors à des remplaçants ou à des suppléants titulaire du brevet élémentaire. C’est une voie plus longue et plus tortueuse devenir instituteur, il s’agit de faire une période relativement longue de remplacement. Les deux voies d’accès à la profession définissaient donc deux catégories d’instituteurs qui, tout au long de la carrière, restaient largement étrangère l’un à l’autre.
Il faut attendre 1932 pour que l’on exige des maîtres des écoles publiques le brevet supérieur, puis 1940 et le gouvernement de Vichy pour le baccalauréat.
b/ La mission du maître, formateur des citoyens
La première mission du maître est bien sur l’enseignement. Le programme ne changera presque pas au cours de toute la IIIème république et est identique sur tout le territoire. En plus du simple apprentissage de la lecture et de l’écriture, les matières enseignées sont le Français, l’histoire, la géographie les sciences et la morale. On parle de l’esclavage, mais pas en France, la colonisation est décrite comme propageant la connaissance, on apprend par cœur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on apprend les départements Français pour que les enfants aient une perception du territoire national. On fait des travaux manuels, du dessin, de la musique, et de la gymnastique.
L’autre mission du maître est très bien résumée par Jules Ferry : « L’éducation vaudra ce que vaudra l’éducateur. Pour que cet homme enseigne véritablement les idées Républicaine il faut qu’il soit Républicain, pour qu’il enseigne les idées rationnelles qu’il soit un homme de raison ; enfin un homme libre pour enseigner les idées de la liberté ». Dans toutes les salles de classe il y a un buste de Marianne, l’instituteur est chargé de insuffler l’esprit Républicain à ses élèves. Il faut façonner des générations de citoyens éclairés, leur ouvrir l’esprit. L’enseignement a une mission unificatrice, il faut faire accepter la République à tous, puis la laïcité.
La seule réponse au problème de l’unité nationale est le Patriotisme. La grande force unificatrice, la seule qui puisse neutraliser les oppositions idéologiques et sociales est le sentiment national. La géographie et l’histoire nourrissent ce sentiment national. Les professeurs de facultés rédigent des manuels pour les écoles primaires. Ils donnent une forme de « vulgate » historique commune aux laïques et aux cléricaux. Est alors constituer une sorte d’album de famille où Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Saint Louis, Bayard, Jeanne d’Arc, la fête de la fédération, Napoléon et la perte de l’Alsace-Lorraine occupent le pages d’honneur. On étudie la formation des frontières de la France à travers la grande œuvre de la monarchie et la reprise par la République de ce flambeau, très parlante pour des paysans. La mobilisation de 1914 manifeste la profondeur du développement du sentiment national.
Il faut ajouter l’influence unificatrice, voir uniformisante d’une institution centralisée : même structure administrative, même programmes pour toutes les matières, même horaires. L’enseignement à reçu pour mission d’abolir les particularismes régionaux : lutte du Français contre les patois, du système métrique contre les mesures locales, refus de l’histoire et de la géographie locale.
Le maître est tenu de s’identifier à sa fonction et de répudier en lui l’homme privé. Ils doivent donner l’exemple de toutes les vertus domestiques et sociales. Les inspecteurs vont jusqu’à enquêter dans les communes sur la moralité des maîtres et a réprimer ceux qui fréquentent trop le café ou le cabaret. La morale est omniprésente à l’école, le maître insiste sur les qualités que chaque citoyens se doit d’acquérir : obéissance, dévouement, honnêteté, travail. Il prodigue des leçons sur l’alcoolisme. Il inspecte également l’état de propreté des élèves : main, visage, oreille, vêtements.
c/ La carrière d’instituteur
Après quelque mois d’enseignement pour les normaliens ou quelques années pour les non normaliens une commission composée d’un inspecteur et de deux directeurs d’école vient contrôler le travail de l’enseignant s’il est satisfaisant celui sera titularisé.
La façon dont les futurs normaliens avait préparés leur concours d’entrée (seulement grâce au concours d’instituteurs dévoués ou dans une école primaire supérieure plus adaptée) joue aussi sur l’obtention du brevet supérieur et donc sur le « rang » de sortie de l’école qui défini les postes auxquels ils seront nommés.
Au fil de la carrière, à chaque occasion de mutation ou d’avancement le fait d’avoir appartenu à l’école normale assurait une préférence quasi automatique. Environs 70% des instituteurs munis du seul brevet élémentaire resteront de simples instituteurs jusqu'à la fin de leur carrière quand c’est le cas de seulement 50% des normaliens.
La profession d’instituteur est extrêmement rigide, les chances de promotions se font longuement attendre et les chances d’évasion étaient fort rares. C’est surtout le système de pourcentage, qui fixe définitivement la proportion d’instituteurs dans chaque classe de traitement qui freine l’avancement. En effet la promotion est subordonnée à la retraite des collègues et ce jusqu’en 1903.
Conclusion : Véritable représentant de la IIIéme République, l'instituteur est un pilier dans l'encrage de celle-ci. Son rôle aprés les lois Ferry est capital, il doit éduquer le peuple et lui forgé une conciance citoyenne. Avec notament le service militaire, l'école à servi à l'unification de la nation.
Bibliographie :
-J. Ozouf et M. Ozouf, La république des instituteurs, Point histoire, 2001, 487 pages
-A. Prost, L’enseignement en France 1800-1967, Armand Collin, collection U, 1968, 524 pages
-F. Mayeur, Histoire de l’enseignement et de l’éducation 1789-1930,
-B. Compagnon et A. Thévenin, Histoire des instituteurs et des professeurs de 1880 à nos jours, Perrin, terre d’histoire, 2001, 361 pages.
-J. Ozouf, Nous les maîtres d’école, Gallimard, 1993, 312 pages
-M. Ozouf, L’Ecole, l’Eglise, la République: 1871-1914, Seuil, 1992, 259 pages
Ressources informatiques :
-Encyclopédie Microsoft Encarta 2003.
- www.versailles.iufm.fr pour l’image d’entête.
Posté le 26.11.2006 par g3l1s1
1936 en affiche.
Introduction
Doc avec 5 affiches (2 gauches, 3 droites)
Dc pour les français.
1936 : Année des élections législatives. Accord de Matignon
Intérêt : Voir les sujets d’actualité et de campagne. 2 perceptions différentes.
Contexte : Crise économique, 6février 1934 (Manifestation des ligues qui entraîne la démission de Daladier), affaire staviski (escroc qui a des relations avec des hommes politiques.
Découpage en 2 partie suivant les affiches (élections, accords)
1-Les élections de 1936.
1° Le FP.
FP : alliance des gauches après 6 février 1934, SFIO-PC en juillet 1934, radicaux en juillet 1935.
Brochure dc distribuée. Découpé en 2 partie, présente pg FP
CONTRE : Misère car crise éco, chômage.
Guerre car souvenir 1914-1918.
Fascisme car 6 février 1934. GR Esp ?
POUR : Pain car veulent stopper la crise éco. Revalorisation de terres, fond chômage, retraite.
Paix. Appel des « masses laborieuses » à collaborer avec la SDN, nationalisation de l’industrie de GR, répudiation de la diplomatie secrète.
Liberté avec amnistie gnl, désarmement, réforme de la presse, respect du droit syndical
+ Scolarité à 14 ans.
Parti qui se présente comme1 rempart, 1 solution.
2° La droite.
Centre de propagande des républicains : Centre dirigé par De Kerillis, ancien militaire et éditorialiste politique, puis député de Neuilly.
Pas de pg car pas un parti. Juste propagande.
Remise en cause FP car amalgame PC. Jouet, marionnette de Staline, référence à la III International MS pourtant pas tt FP. Association a des assassins, tjs rapport à Staline, dictature !! Joue sur la peur du communisme et régime totalitaire
3° Le résultat
26 avril + 3mai, 84,3% participation. Victoire FP avec 4 850 000 voix.
Gvt Blum (Homme politique juif, psdt du conseil de 1936-1937 et de mars-avril 1938, déporté en 1942 à Dachau et chef du gvt provisoire de décembre 1945 à janvier 1947.
Gvt sans communistes qui soutiennent sans participer.
3 femmes.
2-Les accords de Matignon.
1° Les promesses.
Après élections grande vague de grève avec occupation des usines, qui aboutissent au accords de Matignon
7 juin 1936 : Accords de Matignon.
Promesse : hausse des salaires entre 7% et 15%, élection de délégué d’atelier dans les entreprises, semaine de 40h, congé payé de 12 jours
Mécontentement des patrons.
2°La CGT.
Uniquement sur 40h.
Confédération Générale du Travail, syndicat unifié en 1935 (CGT+CGTU)
Soleil + visage= bonheur, considère les 40h comme une avancé sociale.
« Libèrera… de l’inquiétude et la misère engendré par le chômage » = 40h doivent provoqué embauche, et dc libéré de cette peur. Création d’emploi.
Veut prouver que c’est une bonne chose.
3° la droite
Animateur des Temps Nouveaux : Hebdomadaire de droite.
Miroir de l’autre affiche (Soleil + Perso + forme pointues)
Crée par les patrons MS à l’adresse des ouvriers.
Main = 40h, voire accords de Matignon, ou le gvt= pousse dans les dangers, les ennuis, les difficultés (misère, bien-être amoindri, chômage…)
« Trompé par l’Internationale » à nouveau amalgame PC/FP
Conclusion
1936 : Année du FP, avec victoire car réunion des gauches face à la crise, accords de Matignon qui est le symbole d’une grande avancée sociale.
Cependant forte opposition dès le départ, prend fin dans la 2° GM.
1936 en affiches, bibliographie.
Usuels :
Le petit Larousse illustré. Larousse, Paris, 1998.
Manuels :
A. Prost Petite histoire de la France au 20° siècle. Collection U, Armand Colin, Paris, 2002.
M Monter, La France de 1914 à 1945, collection Campus, Armand Colin, 2001
J.P Brunet. Histoire du Front populaire (1934-1938). Que sais-je ? Presse universitaire de France, Paris, 1991.
G. Lefranc, Le Front Populaire, Que sais-je ? Presse universitaire de France, Paris, 1965.
D. Tartakowsky, Le Front Populaire, la vie est à nous. Collection découverte, Gallimard, 1996.
Monographies :
J.M Mayeur, La vie politique sous la III° République, Collection Histoire, Point Seuil, Paris, 1984
D. Borne, H. Dubief, La crise des années 30 1929-1938 in Nouvelle histoire de la France contemporaine. Collection histoire, Point Seuil, 1976
G. Lefranc, Histoire du Front Populaire, collection Les Regards de l’Histoire, Payot, Paris, 1974
L. Bodin, J. Touchard, Front Populaire : 1936. Collection U, Armand Colin, Paris, 1972
G. Lefranc, Juin 1936, l’explosion sociale, Collection Archives, Julliard, 1976
Posté le 26.11.2006 par julie
L' exposition coloniale de 1931
I - Composition et déroulement de l'exposition
1) Une exposition qui se veut spectaculaire
2) Le déroulement de l' exposition
3) Une exposition internationale
II - La République coloniale à l' honneur
1) La vocation coloniale
2) Les idées politiques
III - Les contestations générées par l' exposition
1) Une réalité cachée
2) La " contre-exposition " et les tracts surréalistes
3) La représentation du " sous-homme "
Bibliographie:
Manuels :
J.F SIRINELLI et D.COUTY, Dictionnaire de l' Histoire de France, Armand Colin, 1999.
Sous la direction de J.MARSEILLE et N.LANEYRIE-DAGEN, Les Grands événements de l' Histoire de France, France-Loisirs, Larousse, 1991.
P. REYNAUD, Le livre d'or de l' Exposition coloniale, dans Fédération Française des anciens coloniaux, 1931 ,p. 9
J.LEVY et S.PIETRI, De la République à l' Etat Français, édition "L' Harmattan", collection " Chemins de la mémoire "
Monographies :
C. HODEIR, M. PIERRE, 1931, l' exposition coloniale, Complexe, 1991
Webographie :
http://www.herodote.net
http://www.histoire-image.org
http://fr.wikipedia.org
http://www.monde-diplomatique.fr
Posté le 26.11.2006 par julie
L' exposition coloniale de 1931
INTRODUCTION :
C'est à Paris, en 1931, que l'exposition coloniale internationale est organisée afin de mettre en avant la grandeur des empires coloniaux européens, plus particulièrement les colonies françaises. Cette exposition présentera des peuples et des civilisations issues de la colonisation ou de la mise sous protectorat d'une bonne partie de l 'Afrique noire et de Madagascar, de l' Afrique du Nord, d' Indochine ainsi que de la Syrie et du Liban, des colonies souvent méconnues.
Qu'est ce que l'exposition coloniale de 1931? Comment celle-ci s'inscrit-elle dans la IIIe République? Quelles réactions suscite t-elle?
I - Composition et déroulement de l'exposition
Inaugurés le 6 mai 1931, l' exposition ouvrit ses portes pendant 6 mois, prenant fin le 11 novembre 1931. Elle eut lieu à l' Est de Paris, dans le bois de Vincenne où s'est déjà tenue une première exposition coloniale en 1907.
Cette nouvelle exposition fut bien plus populaire.
1) Une exposition qui se veut spectaculaire
A la tête de cette exposition se trouvent des dirigeants de la IIIe République. Parmi ceux-ci, le commissaire général de l' exposition, le maréchal Hubert Lyautey, héro des guerres coloniales et résident général au Maroc depuis 1912, a suivi avec intérêt l' exposition marseillaise de 1922 et a organisé lui-même une exposition au Maroc en 1915. Quand il rentre en 1925 en métropole et qu'on lui propose de prendre en charge un projet d' exposition coloniale à Paris, il accepte immédiatement. Il est accompagné du ministre français des colonies, Paul reynaud et du président de la République, Gaston Doumergue ( président de 1924-1931 ).
L' exposition fut constitué de nombreuses reconstitutions venues tout droit des pays colonisés. Le joyau de l' exposition est une reproduction trés exacte, de plus de 50m de haut , du célébre temple d 'Angkor Vat. L 'édifice a été réalisé avec le plus grand soin: des moulages exécutés au Cambodge permettent aux visiteurs de découvrir les chefs d'oeuvres de l'art Khmer. On pouvait également y voir des maisons de repos annamite, des huttes abritant d'authentiques tribus africaines, des Palais Malgache, des mosquées tunisiennes. Des frises syriennes, des matières précieuses, des matériaux rares, des bijoux et des tissus colorés provenant de tous les pays colonisés décoraient l' exposition. On aménage aussi un parc zoologique, qui connu un vif succé. Vincennes prend alors un visage fantastique où se côtoient tous les styles.
2) Le déroulement de l' exposition
L' exposition coloniale avait pour but de montrer aux habitants de la métropole les différentes facettes des colonies en reconstituant des environnements naturels et des monuments d 'Afrique, d' Asie et d' Océanie, censés émerveiller les visiteurs.
Chaque jour des spectacles différents et plus exotiques les uns que les autres accueillèrent jusqu'à 300 000 visiteurs par jour. Le succés populaire et l'attrait du public pour les exhibitions exotiques rassurent les promoteurs de la colonisation. De mai à novembre, l' exposition a attiré un total de 8millions de visiteurs dont la moitié de Parisiens et 15% d' étrangers. Au total 33millions de tickets sont vendus étant donné le nombre élevé de visiteurs se déplaçant à plusieurs reprises.
C'est la plus grande affluence qu'ait connue une mannifestation parisienne depuis l 'exposition universelle de 1900 ( 50 millions de tickets vendus ).
Ces visiteurs pouvaient admirer des danses folkloriques de l 'Afrique Occidentale et pour les amateurs de nouvelles saveurs, des dégustations des rhums martiniquais ou réunionnais étaient mise à leur disposition.
Ils pouvaient ensuite découvrir le punch et s' essayer quelques pavillons plus loin, à manger avec des baguettes.
3) Une exposition internationale
Les différentes puissances coloniales ont été invitées à participer à cette mannifestation culturelle. Quelques uns ont cependant refusé l'invitation.
Les Britanniques, mettant en avant leurs difficultés financières dues à la crise économique, annoncèrent qu’ils ouvriraient seulement un stand commercial à la Cité bes informations. L’Allemagne usa du même subterfuge. Le Canada et l’Union sud-africaine acceptèrent une très modeste représentation. En revanche, la Palestine, pays sous mandat britannique, décida d’édifier un luxueux pavillon, sans doute pour faire pièce aux palais nationaux de la Syrie et du Liban. L’Espagne refusa le moindre geste de courtoisie, tandis que les États-Unis, les Philippines et le Brésil promirent d’édifier des bâtiments représentatifs de leur passé colonial. Au total, cinq États européens seulement construisirent des pavillons nationaux et coloniaux : le Danemark, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal.
II - La République coloniale à l' honneur
1) La vocation coloniale
A l’époque, la colonisation était une évidence politique incontestée comme dit Paul Raynaud, ministre des Colonies, le 2 juillet 1931 : "La colonisation est un phénomène qui s’impose, car il est dans la nature des choses que les peuples arrivés à son niveau supérieur d’évolution se penchent vers ceux qui sont à son niveau inférieur pour les élever jusqu’à eux."
Placée dans un contexte de morosité économique, confrontée à des troubles anticoloniaux, la France a besoin d’affirmer son rôle d’Empire colonial face à son rival britannique. Même le choix du Bois de Vincennes, région de Paris-Est, populaire, dont on disait qu’elle était assez gagnée par le communisme, démontre la volonté politique de retrouver la paix sociale agitée par les échos de luttes d’émancipation.
Le centenaire de l’ Algérie française, célébré partout en France en 1930 (l’Exposition coloniale est alors repoussée en 1931 pour ne pas gêner ce centenaire ), fixe le ton dominant pour l’Exposition de 1931, qui souligne les bienfaits du colonialisme. L’Algérie est montrée comme modèle de réussite coloniale.
Paul REYNAUD écrit même un livre d’or de l’Exposition coloniale internationale de Paris 1931, on peut citer quelques grandes lignes: " Le Français a la vocation coloniale. Cette vérité était obscurcie. Les échecs passagers du XVlllème siècle avaient fait oublier deux siècles d’entreprise et de réussite. En vain, depuis cent ans, nous avions retrouvé la tradition, remporté des succès magnifiques et ininterrompus : Algérie, Indochine, Tunisie, Madagascar, Afrique occidentale, Congo, Maroc. Malgré tout, le préjugé subsistait : le Français, répétait-on, n’est pas colonial. Il a fallu l’exposition actuelle et son triomphe inouï pour dissiper les nuées. Aujourd’hui la conscience coloniale est en pleine ascension. Des millions et des millions de Français ont visité les splendeurs de Vincennes. Nos colonies ne sont plus pour eux des noms mal connus, dont on a surchargé leur mémoire d’écoliers. Ils en savent la grandeur, la beauté, les ressources : ils les ont vues vivre sous leurs yeux. Chacun d’eux se sent citoyen de la grande France, celle des cinq parties du monde."
Cette événement a donc bien pour but de mettre en avant les colonies.
2) Les idées politiques
Pour le parti colonial qui, lui, du moins, restait fidèle à ses attaches républicaines, l’Exposition devait être un inventaire et une démonstration et servir avant tout au développement de l’idée coloniale dans le pays. Les parlementaires du parti ne convainquirent que tardivement Lyautey de la nécessité d’un gros effort financier pour la propagande intérieure. Alors que la Grande Guerre avait prouvé à tous les Français l’utilité des colonies et la sagesse du pari colonial engagé par les républicains modérés, il fallait leur démontrer à nouveau le bien-fondé de la colonisation. En effet, avant la Première Guerre mondiale, la gauche républicaine avait eu la plus grand mal à rallier l'opinion publique à son projet colonial. Mais les choses évoluent un peu entre les deux guerres mondiales, notamment grâce à la participation des indigénes à la guerre.
Curieusement, les hommes politiques furent rares dans leurs discours de 1931 à faire hommage à la République de cet immense empire colonial. Certes, le ministre des Colonies, Paul Reynaud, invita la foule à la reconnaissance vis-à-vis de ceux « qui ont fondé à la fois un régime et un Empire ». Certes, André Lebon, ancien ministre des Colonies, affirma que « la foule française avait salué avec déférence et attention la mémoire des artisans connus ou anonymes de l’oeuvre coloniale ». Mais aucun hommage spectaculaire ne fut rendu à Vincennes aux grands Républicains coloniaux. Il ne fut pas même question de Gambetta, l’initiateur, ni d’Eugène Étienne, son disciple, jusqu’à sa mort chef incontesté du parti colonial. Jules Ferry eut droit à une cérémonie commémorative à Saint-Dié, mais J. Paul-Boncour fut peut-être le seul à faire un rapprochement qui s’imposait : « Il me plaît que les splendeurs de cette Exposition coloniale où la France s’admire et s’étonne presque d’une oeuvre qu’elle ne soupçonnait point se soient ouvertes à l’heure où des foules venaient déposer la palme du souvenir dans celui qui en fut l’initiateur méconnu et torturé. »
III - Les contestations générées par l 'exposition
1) Une réalité cachée
Les membres du "parti" colonial s'inquiétent du caractère éphémère de l'angoument que provoque l' exposition. En outre, socialistes et communistes critiquent ce qui leur apparait seulement comme une représentation pittoresque de réalités bien plus complexes. La domination coloniale connait alors ses premières remises en cause: de ce point de vue, l' exposition coloniale de 1931 célébre moins l' avenir que le passé. Pour beaucoup, le paternaliste français masque la réalité des colonies car dans beaucoup des territoires, l'exploitation est la régle. L 'indigéne n'est pas citoyen français et les lois sont appliquées par une administration souvent impitoyable.
2) La " contre-exposition " et les tracts surréalistes.
Une Contre Exposition ouvre ses portes au public, le 19 septembre 1931.
Elle comporte trois sections. La première offre une rétrospective de la colonisation. On y montre les crimes des conquêtes coloniales. On y parle des troupes coloniales mortes durant la guerre de 1914. On se sert des témoignages d’Albert Londres et d’André Gide sur le travail forcé ... Dans la seconde salle, entièrement consacrée à l’URSS, les organisateurs opposent « au colonialisme impérialiste l’exemple de la politique des nationalités appliquées par les Soviets ». La visite se termine par une présentation des problèmes culturels soulevés par le colonialisme. Restée ouverte jusqu’en 1932, la contre-exposition n’eut pas le succès escompté par ses organisateurs.
À quelques jours de l’ouverture de Vincennes, les surréalistes publient et diffusent un premier tract intitulé " Ne visitez pas l’Exposition Coloniale ". Il s’agit, pour les douze signataires ( dont André Breton, Louis Aragon, René Char ...), d’alerter l’opinion publique. En voici quelques extraits :
Ne visitez pas l’exposition coloniale !
A la veille du 1er mai 1931 et à l’avant-veille de l’inauguration de l’Exposition Coloniale, l’étudiant indo-chinois Tao est enlevé par la police française. [...] Le crime de Tao ? Être membre du Parti Communiste, lequel n’est aucunement un parti illégal en France, et s’être permis jadis de manifester devant l’Elysée contre l’exécution de quarante Annamites.[...]
On n’a pas oublié la belle affiche de recrutement de l’armée coloniale : une vie facile, des négresses à gros nénés, le sous-officier très élégant dans son complet de toile se promène en Pousse-pousse, traîné par l’homme du pays - l’aventure, l’avancement.
Rien n’est d’ailleurs épargné pour la publicité : un souverain indigène en personne viendra battre la grosse caisse à la porte de ces palais en carton-pâte. La foire est internationale, et voilà comment le fait colonial, fait européen comme disait le discours d’ouverture, devient fait acquis.
N’en déplaise au scandaleux Parti socialiste et à la jésuitique Ligue des droits de l’homme, il serait un peu fort que nous distinguions entre la bonne et la mauvaise façon de coloniser. [...]
Aux discours et aux exécutions capitales, répondez en exigeant l’évacuation immédiate des colonies et la mise en accusation des généraux et des fonctionnaires responsables des massacres d’Annam, du Liban, du Maroc et de l’ Afrique centrale. »
Lorsque, le 27 juin, un incendie ravage le pavillon des Indes néerlandaises, les surréalistes réagissent par un autre tract, Premier bilan de l’Exposition Coloniale : « ainsi se complète l’œuvre colonisatrice commencée par le massacre, continué par les conversions, le travail forcé et les maladies ».
3) La représentation du " sous-homme "
La mise en situation des peuples colonisés, souvent déplacés de force, les fera plus tard qualifier de "Zoos Humains". On peut d'ailleurs remarquer la place que prennent les figures sur l' affiche officielle de l' exposition: au centre de cette affiche, quatre représentants du monde tel qu'il peut être parcouru en quelques heures par les visiteurs. On note que ces figures sont réduites à des stéréotypes facilement identifiable: le raffinement de l' Asie, la caractère primitif du Noir et de l' Indien et l' élégance du Nord Africain. En arrière plan, on peut distinguer à droite, le temple d' Angkor Vat montrant la présence française en Asie et à gauche, la silouhette d'un minaret surmonté du drapeau tricolore, illustre la vision d'un Maghreb français, cher au maréchal Lyautey.
Les colonisés quant à eux, obligé de servir d'objet de distraction ou de décor, montrèrent pour certains de l' agressivité: retenons par exemple que de nombreux visiteurs qui avaient employé le tutoiement vis-à-vis des marchands des souks furent vivement réprimandés par ceux auxquels ils s’adressaient. Ils se déclarèrent stupéfaits de cette agressivité. D’autres incidents éclatèrent entre des photographes amateurs et des colonisés ; ceux-ci protestèrent qu’ils n’étaient point des objets de curiosité.
Conclusion: L' exposition coloniale de 1931 a donc remporté un vif succé face à une population qui devait être instruite et émerveillée par les richesses des colonies. Tel était le souhait du Maréchal Lyautey. En France, personne ne doute de la pérennité du systéme existant et nul ne songe à préparer l'inévitable décolonisation. Il ne reste que peu de traces de l' exposition si ce n'est la pagode bouddhiste du bois de Vincennes et le parc zoologique, reconstruit en plus grand. Le reste a disparu de sorte qu'il n'existe plus en France aucun lieu de mémoire pour rappeler l' histoire coloniale de la République, pas même la contribution des indigènes des colonies aux deux guerres mondiales, qui est une question d'actualité.