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l'antiparlementarisme

l'antiparlementarisme

Posté le 09.12.2006 par jérémy
CM UE 2 Histoire contemporaine 12/10/06


L’Antiparlementarisme

Plusieurs courants expriment leurs critiques du régime républicain sous la forme de l’antiparlementarisme (caractéristique de la culture politique française).
Oppositions de gauche et de droite qui dénoncent l’inadaptation, l’insuffisance de la République.


I Oppositions de gauche

L’opposition de gauche estime que le régime représentatif n’est pas la démocratie, en effet, l’extrême gauche condamne la République pour ne pas être assez démocratique. La 1ère gauche à critiquer le régime est la gauche radicale (Georges Clemenceau). Les courants socialistes voient dans le parlementarisme l’instrument de la domination bourgeoise mais leur entrée dans les chambres à partir de 1893 les rallient à la République parlementaire. Les anarchistes ne forment pas un parti, ce sont des groupes isolés souvent surveillés par la police qui se sont séparés des autres groupes socialistes depuis 1881. Ils croient que les minorités agissantes font l’histoire et à partir de 1892 il y a une véritable épidémie d’attentats terroristes :
- Ravachole
- au Palais Bourbons à la Chambre des députés où Lustre Vaillan lance une bombe à la gare Saint Lazare au café
- un belge à l’église de la Madeleine à Paris saute avec sa bombe
- 24 Juin 1894 Serti Carnot, président de la République, est assassiné par un anarchiste italien
Dans l’urgence, les lois dites scélérates sont votées entre 1893 et 1894 qui remettent en cause la liberté de la presse, qui frappent les crimes contre la sûreté de l’Etat et qui s’en prend aussi à l’apologie (éloge) de ces crimes. Un procès est organisé en août 1894 qui amalgame des hommes compromis dans des affaires de droits communs, des anarchistes et des hommes coupables de délits d’opinions. Ce procès est un échec, la vague d’attentats va néanmoins cesser et d’autres moyens vont être mis en œuvre par les anarchistes notamment au moment de la création des bourses du travail. Ces anarchistes vont alors devenir des syndicalistes révolutionnaires (ou anarcho-syndicalistes). Pierre Kropotkine disait « Un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs ». Il y a une différence importante entre la France et les pays Européens de social-démocraties (exemple de l’Allemagne et de L’Angleterre). En France la CGT affirme que ces éléments devront se tenir en dehors de toutes les écoles politiques. La CGT prétend représenter la classe ouvrière, elle considère que les courants politiques ne représentent pas la classe ouvrière. La grève générale est le moyen d’émancipation. La référence majeure est la grève générale, mythe mobilisateur comme le Grand Soir... Entre 1904 et 1907, il y a divorce entre les anarchistes et les syndicalistes révolutionnaires qui est à l’origine de la charte d’Amiens (en octobre 1906 congrès d’Amiens) qui précise les objectifs de la CGT (la CGT a été fondée à limoges en 1895). Le syndicat prépare l’émancipation intégrale, il doit être un mouvement de résistance et il doit être conçu comme la base de la réorganisation sociale à venir. Le syndicat n’a pas à s’occuper des courants politiques. Il y a donc affirmation de la coupure entre les syndicats et le parti socialiste (ó affaiblissement des syndicalistes et des courants socialistes). Certains anarchistes continuent à pratiquer le vol et le crime. L’anarchisme se diffuse dans des milieux intellectuels et artistiques et notamment par un hebdomadaire intitulé « l’Assiette au beurre » qui s’en prend à l’ordre établit et qui va dénoncer la collusion entre l’argent et la politique.


II Oppositions de droite

Les tentatives de restauration monarchique ont échouées. La droite est confinée et réduite à une opposition impuissante. La République s’identifie à la gauche, le régime s’incarne dans le parti républicain. Il y a un antiparlementarisme de droite qui se traduit souvent dans des mouvements appelés ligues. Ces ligues délaissent les élections et visent à agir sur l’opinion en jouant la rue contre le pouvoir régulièrement élu (ligues au moment de l’affaire Dreyfus, au moment des années 20 et des années 30). Ce nationalisme est ici un mouvement de repli, un resserrement. Maurice Barrès, qui incarne le mouvement nationaliste (emblème) est romancier et député. Il est attaché à préserver l’héritage matériel et spirituel de la France (l’un des premiers antidreyfusard). Barrès est républicain. Mauras, qui est également traditionaliste, est obsédé par l’idée de décadence française, c’est un néo-monarchiste et il sera l’un des hommes les plus importants du mouvement de l’Action Française. L’Action Française est une ligue par son caractère anti-républicain, qui est une école de pensées par son ambition intellectuelle, c’est un embryon de parti. L’Action Française naît à la fin du XIXe siècle de la convergence du royalisme et du nationalisme qui s’étaient rapprochés au moment du boulangisme. René Rémond disait « née de l’affaire Dreyfus, l’Action française en procède chronologiquement aussi bien qu’intellectuellement ». Mauras rejoint l’Action française en 1899 et elle va se développer pendant toute la période antérieur à la guerre avec des revues, un journal. Mauras juge la République incapable sur le plan extérieur et intérieur. Mauras est donc un contre-révolutionnaire populiste qui entend lutter contre la décadence. L’Action française est anti-démocratique, anti-parlementaire, anti-libérale, antisémite. Maurras veut éliminer de la nation les 4 états confédérés : les juifs, les francs-maçons, les protestants et les métèques (étrangers). L’Action française est au 1er rang d’une droite contestataire qui prône un nationalisme intégral.
La IIIe République a donc toujours connue sur sa gauche une opposition qui la condamne car elle ne serait pas assez démocratique et sur son extrême droite une condamnation de celle-ci car elle est trop démocratique


La question religieuse

I Les origines de la question religieuse

Les Etats de l’Ancien Régime sont confessionnels. Le choix du roi dicte le choix des sujets. Le pouvoir royal refuse de tolérer l’existence de minorités religieuses. L’Edit de Nantes a été révoqué par Louis XIV en 1685. L’autorité religieuse est investit d’un grand nombre d’activités sociales (acte de naissance, baptême, mariage, décès). L’Eglise contrôle les institutions d’enseignement et d’assistance (écoles et hôpitaux). L’Eglise forme un corps, un Etat. La révolution Française marque une première sécularisation. La révolution établit l’égalité entre les citoyens qui professent une religion différente (protestantisme, émancipation des juifs en 1691). Le catholicisme cesse d’être la religion d’Etat. En 1801, le Concordat entre le gouvernement français et le Saint-Siège et le pape. Ce compromis va durer tout au long du XIXe siècle mais l’Eglise catholique reste une puissance dominante. En 1848, il y a un point d’accord entre les courants démocratiques et l’Eglise durant quelques mois. Les républicains sous l’Empire appartiennent à une génération scientifique positiviste. Avec le Syllabus de Léon XIII en 1803, le pape refuse de transiger avec le progrès. Les Républicains adressent au pape des reproches d’ordre philosophique et politique, ils reprochent au pape d’avoir soutenu l’Empire de Napoléon III et d’avoir apporté son soutien aux conservateurs dans les années 1870 et 1880 au moment des tentatives de restauration monarchique mais également les liens exercés avec les Antidreyfusards.


II La République et la question religieuse, fin XIXe début XXe

Il y a tout d’abord une première vague de laïcisation. La question scolaire revient au premier plan avec les lois de Ferry en 1881-1882. Les religieux qui enseignaient dans les écoles sont remplacés par des personnels laïcs. La neutralité religieuse est imposée. L’instruction religieuse est interdite à l’intérieur des écoles et une morale laïque est diffusée. Pour la sécularisation, les modalités des obsèques sont libres (on peut se faire enterrer religieusement ou civilement). Les cimetières deviennent des lieux publics. Le divorce est possible en 1884. L’Etat n’a plus de signes d’appartenance religieuse. Les prières publiques sont supprimées au Parlement. Les insignes religieux sont retirés des tribunaux.
Il y a une deuxième vague avec la question des congrégations et de la séparation. Des congrégations sont des communautés religieuses qui font des vœux particuliers (Franciscains, Bénédictins…). Il y a une méfiance de l’Etat, en effet, les congrégations dépendent d’un siège central hors du territoire national. Il y a aussi le rôle joué par certains religieux dans le plan Antidreyfusard. Les congrégations sont très présentes dans l’enseignement secondaire. Le gouvernement de Waldeck-Rousseau élabore un statut particulier pour les congrégations au moment de la loi de 1901 sur les associations, les congrégations ne relèveront plus du droit général. Les congrégations devraient demander une autorisation législative de la part de Waldeck-Rousseau mais son successeur E. Combes en fait une loi d’oppressions et refuse toutes les autorisations. Les écoles de congrégation ferment, les religieux se dispersent et leurs biens sont saisis. Ce conflit débouche en décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat (cf. Jean-Marie Mayer). Le parlement met fin au Concordat : « La République assure la liberté de conscience, elle ne reconnaît plus aucun culte ». L’Eglise nomme désormais les évêques et le clergé n’est plus rémunéré par l’Etat sauf en Alsace-Lorraine (occupation allemande). Le pape n’admet pas la loi de séparation. L’apaisement entre l’Etat (régime républicain) et l’Eglise arrive avec la guerre 14-18 et l’Union Sacrée. L’Avant guerre est marqué par l’affrontement des deux France, d’une part celle des laïques, d’autre part celle des cléricaux.


La question sociale

Le XIXe siècle voit le développement des ouvriers. La population ouvrière à la fin du XIXe siècle est de 6 millions de personnes.


I Le mouvement ouvrier : organisation et mode d’action

Légalisation en 1884.
Les conflits sociaux se multiplient dans les années 1890 (mai 1891 : massacre de Fourmies).
Les syndicats sont plus nombreux et ils coordonnent leur action au sein de deux organismes :
- la Bourse du Travail est un regroupement sur une base spatiale.
- les Fédérations de métiers se développent dans les années 1890 qui sont un regroupement vertical des syndicats d’une même activité.
Ce processus se concrétise par une fusion dans la CGT en 1912 qui s’oriente vers le syndicalisme révolutionnaire. L’émancipation des travailleurs pour la CGT se fera indépendamment des partis politiques. Il faut noter que la CGT ne regroupe qu’une minorité (beaucoup d’ouvriers sont non-syndiqués ou affiliés à des petits syndicats indépendants ou chrétiens encouragés par le pape). En 1914 le mouvement ouvrier français est minoritaire et divisé.


II La réflexion sur la question sociale

Elle apparaît des le XIXe siècle. Les premiers socialistes sont des intellectuels (Fourier, Proudhon, Marx). Les idées socialistes se propagent dans les années 1880-1894 mais il y a des divisions internes au mouvement socialiste. Au sein du parti socialiste, la SFIO est en 1914 la première force politique du pays. Les anarchistes réfléchissent aussi sur la question sociale, ils souhaitent renverser l’ordre social existant. Les catholiques y réfléchissent aussi, le pape Léon XIII publie en 1891 Rerum Novarum qui condamne le système libéral. Pour le pape, le salaire n’est pas une marchandise mais il refuse la lutte des classes. Les Républicains du gouvernement qui sont des libéraux sont timorés sur des réformes sociales. Les lois votées sont minimes :
- 1898 loi sur les accidents du travail (patron paie une pension)
- 1910 loi sur les retraites (très mal acceptée par les salariés)
- 1900 réduction du travail à 10h de la journée pour les femmes et les jeunes mais la grande revendication des ouvriers est la journée de 8h qui ne sera pas acquise avant 1914.
En France la législation sociale est inférieure à celle de l’Allemagne. La France est une nation à majorité paysanne dominée par de petits producteurs.
Les républicains du gouvernement estiment que la solidarité volontaire et l’éducation sont suffisantes.
L’intégration du monde ouvrier est néanmoins effective, en effet, on peut prendre pour preuve le ralliement des organisations syndicales à la défense nationale en 1914 lors de l’Union Sacrée.



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