CM UE 2 Histoire contemporaine 05/10/06
Bibliographie : La Nouvelle histoire de la France contemporaine (poche),
La France entre en République, 1870-1893, de Grondeux
De la Belle Epoque à la Grande Guerre, 1893-1918, de Leymarie
Les débuts de la IIIe République
- Le régime naît le 4 Septembre 1870 et il se donne pour mission de rétablir la République. En Janvier 1871, Paris capitule, le gouvernement de Défense Nationale échoue et il y a des élections en Janvier 1871 remportées par les monarchistes. En Février 1871, l’Assemblée Nationale nomme comme chef de l’exécutif Adolphe Thiers.
- La levée de l’hypothèque révolutionnaire
Il y a 3 forces en présence : monarchistes, révolutionnaires et modérés.
Le 18 Mars 1871, les révolutionnaires parisiens se soulèvent et créent un mouvement appelé la Commune (républicains). La Semaine sanglante du 22 au 28 Mai 1871 est l’épisode final de la Commune de paris, où celle-ci est écrasée et ses membres exécutés en masse.
- Echec de la restauration monarchique
Thiers pense pouvoir installer une République conservatrice mais la majorité monarchique contraint Thiers à démissionner en Mai 1873. Il est remplacé par le maréchal monarchiste Mac Mahon. Les monarchistes tentent de se rapprocher (2 branches : légitimistes et orléanistes) mais ils ne vont pas s’entendre car le comte de Chambord proche des légitimistes veut garder le drapeau blanc symbolisant l’Ancien Régime.
- L’échec de la restauration de la monarchie provoque un rapprochement des centres. Les Républicains qui étaient minoritaires aux précédentes élections vont prendre de plus en plus de pouvoir, ils vont gagner des sièges.
- La mise en place des institutions provoque un conflit entre conservateurs et républicains. Mac Mahon se trouve face à une Chambre républicaine élue en 1876, il va dissoudre la Chambre le 16 Mai 1877. Cependant lors des élections anticipées en Octobre 1877 les républicains sont encore plus nombreux alors que Mac Mahon espérait qu’il s’agisse d’une majorité monarchiste. Comme Mac Mahon avait prononcé cette phrase « il faudra se soumettre ou se démettre », il est obligé donc de se soumettre, commence alors la République des Jules. Jules Grévy est nommé président de la République, en effet, les républicains s’installent au pouvoir à partir de 1879 et obtiennent la démission de Mac Mahon.
Le Régime Républicain
Les Républicains s’installent au gouvernement dans les années 1880 et ils vont organiser la vie politique.
I Les institutions de la IIIe République
Il n’y a pas une seule loi constitutionnelle mais plusieurs en 1875 qui sont rédigées dans un intervalle de 6 mois sans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. L’élaboration de la constitution : c’est l’état de guerre (1871), puis la majorité des monarchistes et la division des monarchistes, les orléanistes vont se tourner vers les républicains modérés pour élaborer les lois constitutionnelles de 1875. Les grandes lignes de l’organisation constitutionnelle de 1875 prévoient un président de la République doté de pouvoirs importants, il peut surtout dissoudre la Chambre des députés. René Rémond a dit que le président était un monarque sans l’hérédité. Il y a également 2 Chambres : le Sénat et la Chambre des députés. Les ministres se réunissent sous la présidence du président de la République ou sous la présidence du Conseil des ministres (appelé le 1er ministre sous la Ve République). Mac Mahon avait dissout la Chambre mais ne pouvait empêcher la victoire électorale des républicains, cette défaite a une grande importance : politiquement les républicains sont vainqueur, du point de vue des institutions la présidence de la République a été battue et donc la présidence de la République sort affaiblie face au pouvoir de la Chambre des députés et du Sénat, donc à partir de 1877 c’est le Parlement qui a le pouvoir, nous sommes donc dans un régime parlementaire.
II Les conséquences politiques de la victoire
Affermissement du libéralisme et de la démocratie
Les républicains, vainqueurs, vont alors adopter une série de lois républicaines. Les mesures symboliques sont :
- les républicains transfèrent le siège des pouvoirs publics à Paris.
- la fête nationale est fixée au 14 Juillet, on fête l’anniversaire de la fédération du 1790)
- la marseillaise est choisie comme hymne nationale
- la loi de 1884 institue l’intangibilité de la forme républicaine du gouvernement
Le Sénat est réorganisé et les grandes lois de liberté publique instituées marquent le triomphe de la conception libérale en matière politique :
- loi sur la presse en Juillet 1889, la République respecte alors la liberté de la presse (à l’exception des lois de 1893-1894)
- loi de Juin 1881 sur la liberté de réunion qui supprime toutes autorisations préalables
- loi sur les associations de 1901 qui institue un régime de grandes libertés sauf pour les congrégations religieuses où seule la déclaration à la préfecture est obligatoire.
Il y a d’autre part un esprit républicain et la conquête des esprits avec le grand rôle joué par l’école : lois de Jules Ferry (1881-1882) avec l’école laïque, gratuite et obligatoire, on y enseigne l’amour de la République, du patriotisme et on y inculte une morale laïque.
III Les dysfonctionnements du régime républicain
1. Le déséquilibre des pouvoirs
Le système institutionnel est orienté dans le sens de la prédominance du législatif (régime parlementaire) à la suite de la lutte entre Mac Mahon et l’Assemblée. Le président ne va plus pouvoir dissoudre la Chambre des députés et son droit d’initiative en matière législatif va tomber en désuétude (rôle mineur en politique intérieure contrairement à la politique extérieure). Le gouvernement et les ministres se trouvent sous le contrôle du Parlement. Les parlementaires peuvent à tout moment questionner le gouvernement et les ministres, ils fixent l’ordre du jour, ils votent et si ce dernier est négatif le gouvernement tombe. Le contrôle permanent par le Parlement entraîne une grande instabilité ministérielle (ex : 12 ministères sous la présidence de Jules Grévy), il y a permanence du personnel ministériel. Le Parlement bénéficie de la primauté juridique.
2. Absence d’organisation politique
Cette instabilité va être critiquée et va susciter plusieurs courants antiparlementaires.
Ces dysfonctionnements sont également dus à l’absence d’organisation politique solide. En Angleterre et aux Etats-Unis il y a déjà des partis politiques qui structurent la vie politique mais en France il n’existe pas de partis politique organisés avant 1901, le 1er sera le parti radical des socialistes. Il y a des comités à la base qui sont chargés d’investir les candidats, les députés se choisissent entre eux (notables). Il y a à l’extrême gauche un début de structuration notamment dans le POF (Parti Ouvrier Français) de Jules Guesde. En 1905, il y a création de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) de Jean Jaurès. Il y a mobilisation des instituteurs pour fabriquer des républicains, rôle important de la Franc-maçonnerie qui donne une ossature au parti républicain, qui diffuse l’idéologie républicaine, des idées de liberté de conscience et de solidarité. Il y a un édifice fragile fondé sur le libéralisme, la synthèse entre libéralisme et démocratie. Le libéralisme politique préserve les droits des individus, affirme l’existence des libertés fondamentales (libertés individuelles, libertés politiques), traduit par le régime parlementaire. Le libéralisme économique et social affirme que l’individu doit disposer d’une complète liberté dans l’ordre du travail supposant une égalité entre l’employeur et l’employé. La révolution démocratique voit le jour en 1848 et s’oppose à la représentation du libéralisme politique, représentation par les élites, les notables, refuse le libéralisme économique et social car la démocratie veut intervenir en faveur de tous y compris les plus démunis. Les républicains au pouvoir (Gambetta et Ferry) réalisent une synthèse entre les principes du libéralisme et de la démocratie.
Les crises de la République
I Les difficultés du régime républicain
A. Les difficultés du système parlementaire
- instabilité ministérielle
- hostilité des conservateurs (droites monarchistes d’une part et des républicains), il y a des divisions entre les monarchistes mais également entre les républicains
- modérés qui sont partisans d’une application modérée des lois laïques
- radicaux qui veulent traiter les problèmes à la racine (Georges Clemenceau, l’un des principaux tombeurs du ministère)
Cette instabilité ministérielle va susciter des vagues d’antiparlementarismes.
B. Les difficultés économiques et sociales (phase de grande dépression)
- Problèmes économiques, sociaux, démographiques
- La crise nationale et la poussée nationaliste, idée de revanche contre l’Allemagne (dans les années 1870-1880) avec notamment la ligue des Patriotes de Paul Déroulède (nationalisme de la revanche), c’est un mouvement de masse (180000 adhérents aux milieux des années 1880) et Déroulède dénonce l’impuissance du régime parlementaire instable, anarchiste, il appelle de ses vœux un pouvoir exécutif fort.
II La crise Boulangiste
A. Agitation boulangiste
C’est un mouvement insurrectionnel qui se donne pour but, en combinant des aspects institutionnels d’élections et des campagnes de propagandes de masse, la mise en cause du système parlementaire. Boulanger a d’abord été ministre de la guerre et il été dans un gouvernement républicain plutôt à gauche (ex : loi militaire qui oblige les curés et les séminaristes à faire leur service militaire) et il va s’affirmer comme le général revanche (contre Allemagne) mais le gouvernement républicain ne veut pas repartir en guerre contre l’Allemagne donc Boulanger est remercié et il va devenir chef du Parti National en rassemblant une coalition hétéroclite avec des gens de l’extrême gauche, des éléments conservateurs, des catholiques. Il va utiliser des phénomènes de propagandes (brochures, chansons, manifestations de masse). Il se présente à toutes les élections partielles et il va les gagner.
B. L’échec
Boulanger échoue en Avril 1889, il est menacé par le ministère de l’Intérieur et il s’enfuit à Bruxelles et va se suicider sur la tombe de sa maîtresse.
III L’Affaire Dreyfus
L’affaire Dreyfus est au départ une erreur judiciaire. Un officier de l’Etat Major français, alsacien et juif est supposé avoir vendu des documents secrets à l’Allemagne. Comme il est juif (fort mouvement anti-juif dans l’armée), il est accusé à tort, il est le coupable désigné car il y a une opinion antisémite très répandue. Il est condamné et envoyé au bagne pendant 3 ans sur l’île du Diable en Guyane. Emile Zola écrit en Janvier 1898 « J’accuse » dans le journal de Clemenceau « l’Aurore » et donc la division de l’opinion commence. L’opinion se divise en deux avec les Dreyfusards qui demandent la révision du procès et les antidreyfusards qui invoquent l’honneur de l’armée. Leurs moyens d’actions de ces deux courants sont les intellectuels (cf. Intellectuels et politique en France, Que sais-je ?). Cette période est également le moment où se forment les ligues surtout à droite (Patriotes, Patrie Française, ligue Antisémitique), à gauche (ligue des droits de l’homme). Profitant des obsèques de Félix Faure (président de la République), Déroulède tente en 1899 un coup d’état mais l’armée ne suit pas. Le jugement de l’affaire Dreyfus est cassé, Dreyfus est libéré et une nouvelle majorité se constitue autour d’un modéré Waldeck-Rousseau (modérés de gauche, radicaux et socialistes) appelé le Bloc des gauches qui se constitue sur le thème de la défense républicaine. Le Bloc des gauches va poursuivre les ligues, va agir pour la laïcité.
Les crises de la République sont révélatrices des tensions.
Je cherche désespérémént un livre sur cette période. votre blog répond en grande partie à ma recherche félicitation
merci grace a votre site j'ai pu répondre aux questions qui m'étaient posées dans mon devoir d'histoire j'espére seulement pouvoir avoir une bonne note car je trés fan de l'histoire de FRANCE a part la période de 39 a 46.
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Je recherche la Loi sous la 3ieme république qui a fait séparation de la boulangerie et de la patisserie. MERCI DE M'AIDER
Moi je suis en 1ere et j'ai une super compo sur " Le régime Républicain en France de 1879 à 1914 " et sans votre site je serais pas foutu d'écrire une page lol